Carnet de Zénon - Tradition
De paradoxes en apophtegmes
   

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Dimanche 26 novembre 2006
Rappel traditionnel 183 : La Grande Voie est calme et magnanime

                              À mes frères et soeurs en Tradition

14.  Dans l'unité du Vide, les deux ne sont pas distingués
Et chacun des deux contient en lui-même les dix mille choses ;
Lorsqu'on ne fait pas de discrimination entre ceci et cela,
Comment pourrait-on avoir une vision limitée et préconçue ?

15.  La Grande Voie est calme et magnanime,
Pour elle, il n'y a rien de facile ni rien de difficile ;
Les vues courtes sont hésitantes,
Plus on se presse, plus tard elles disparaissent.

16.  L'attachement n'est jamais modéré,
Et va toujours dans la mauvaise direction ;
Abandonnez-le et les choses suivront leur cours normal,
Alors que l'Essence ne s'échappe ni ne demeure.

17.  Obéissez à la nature des choses et vous serez en accord avec la Voie ;
Calmes, tranquilles et sans soucis ;
Mais quand vos pensées sont attachées,
Vous vous détournez de la Vérité ;
Elles s'alourdissent et s'enlisent
Et ne sont plus saines.

      Inscrit sur l'esprit croyant ( Shinjin-No-Mei ) in Manuel de Bouddhisme zen, Daisetz Teitaro Suzuki.

           Le travail a esté mien, le profit en soit au lecteur, à Dieu seul la gloire.          

                 


Par zénon • 2006-11-26 22:00:53
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Dimanche 12 novembre 2006
Rappel traditionnel 182 : N'essayez pas de chercher le vrai... ( Shinjin-No-Mei ) 3

                               À mes frères et soeurs en Tradition

 9.  Les transformations qui ont lieu dans un monde vide, devant nous
      Nous apparaissent comme des réalités à cause de l'Ignorance :
      N'essayez pas de chercher le vrai,
      Cessez seulement de chérir des opinions

10. Ne vous attardez pas dans le dualisme,
       Évitez soigneusement de le poursuivre ;
       Dès qu'il y a le juste et le faux,
       La confusion s'ensuit et le Mental (*) est perdu.

11. Les deux existent à cause de l'Un,
       Mais, ne vous attachez même pas à cet Un ;
       Quand l'esprit n'est pas troublé
       Les dix mille choses sont inoffensives.

12. Si elles sont inoffensives, les dix milles choses n'existent pas ;
       Si l'on n'est pas troublé, il n'y a pas de mental qui fonctionne :
       Le sujet est tranquilisé quand l'objet cesse d'être,
       Et l'objet cesse d'être quand le sujet est tranquilisé.

13. L'objet est un objet pour le sujet
       Le sujet est un sujet pour l'objet :
       Sachez que la relativité des deux
       Repose, en fin de compte, sur le Vide unique.

 *. Le Mental = le Chemin = l'Un = le Vide.


Inscrit sur l'esprit croyant ( Shinjin-No-Mei ) in Manuel de Bouddhisme zen, Daisetz Teitaro Suzuki.

                    Le travail a esté mien, le profit en soit au lecteur, à Dieu seul la gloire.          

 


Par zénon • 2006-11-12 16:13:49
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Dimanche 05 novembre 2006
Rappel traditionnel 181 : Lorsque nous retournons à la source

                                    À mes frères et soeurs en Tradition


5.  Quand vous essayez de parvenir à la tranquilité en arrêtant le mouvement,
      La tranquilité ainsi obtenue est toujours en mouvement ;
      Comment vous pouvez-vous réaliser l'unité
      Tant que vous vous attardez dans le dualisme ?

6.   Et lorsque l'unité n'est pas parfaitement comprise,
      Il se produit une perte, des deux manières suivantes :
      La négation de la réalité est son affirmation
      Et l'affirmation du vide est sa négation.

7.   La verbosité et l'intellectualisme ;
       Plus nous les employons,
       Plus nous faisons fausse route ;
       Débarassons-nous donc des mots et de l'intellectualisme,
       Et il ne sera plus d'endroit où nous ne puissions passer librement.

8.   Lorsque nous retournons à la source, nous acquérons le sens ;
      Lorsque nous poursuivons les objets extérieurs, nous perdons la raison.
      Au moment de notre illumination,
      Nous dépassons le vide d'un monde qui nous confronte.

Inscrit sur l'esprit croyant ( Shinjin-No-Mei ) in Manuel de Bouddhisme zen, Daisetz Teitaro Suzuki

          Le travail a esté mien, le profit en soit au lecteut, à Dieu seul la gloire.


Par zénon • 2006-11-05 19:55:21
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Dimanche 22 octobre 2006
Rappel traditionnel 180 : Ne recherchez pas les complications extérieures ( Shinjin-No-Mei ) I

                               À mes frères et soeurs en Tradition

 I.  " La Voie Parfaite ne connaît pas de difficultés
    Sinon qu 'elle se refuse à toute préférence ;
    C'est seulement lorsqu'il ne s'y trouve ni haine ni amour
    Qu'elle se révèle dans sa plénitude et sans déguisement ;

    Une différence d'un dixième de pouce
    Et le ciel et la terre sont séparés ;
    Si vous voulez la voir de vos propres yeux,
    N'ayez pas d'idées arrêtées, ni en sa faveur ni contre elle.

 2. Opposer ce que vous aimez à ce que vous n'aimez pas,
    C'est la maladie de l'esprit ;
    Lorsque le sens profond de la Voie est incompris,
    La paix de l'esprit est troublée sans raison.

 3. La Voie est parfaite comme l'espace immense,
     Rien n'y manque, rien n'y est superflu :
    En fait, c'est lorsque l'on fait des choix
    Que l'on perd sa perfection de vue.

 4. Ne recherchez pas les complications extérieures,
     Ne demeurez pas dans le vide intérieur ;
     En toute sérénité dans l'unicité des choses,
     Vous verrez que le dualisme s'évanouit de lui-même.


    Inscrit sur l'esprit croyant ( Shinjin-No-Mei ) in Manuel de Bouddhisme zen, Daisetz Teitaro Suzuki.

                    Le travail a esté mien, le profit en soit au lecteur, à Dieu seul la gloire.          


Par zénon • 2006-10-22 20:08:42
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Dimanche 15 octobre 2006
Rappel traditionnel 179 : Luthier et homme de Tradition ( 3 )

                       À mes frères et soeurs en Tradition


    " Il faut savoir qu'il n'y a pas deux imstruments semblables ; c'est impossible et même interdit par le métier, car il s'agit d'épuiser la possibilité universelle, pour activer l'avènement du dernier jour. Les luthiers que j'ai fréquentés étaient presque tous conscients de cela.

    Il y a des choses que l'acheteur ne verra jamais : les copeaux produits lors de la fabrication de l'instrument, par exemple, sont déterminants car ils sont les véritables critères de jugement de ce que vous allez laisser au client. Vous jugez bien mieux de la qualité d'un luthier aux déchets qu'il produit qu'au résultat final qu'il obtient ; on peut tricher sur le résultat final, pas sur les déchets qui résultent du mode de travail. Tout l'enjeu du métier réside dans l'opération de séparation de la matière préexistante. Là intervient le couteau, l'outillage. Le couteau agit sur la matière parce qu'il n'y a plus de matière sur le tranchant : en électrochimie, l'effet d'un tranchant vient du fait qu'il y a non-compensation des charges autour des atomes faîtiers qui constituent le tranchant ; ce sont ces non-compensations de charges qui agissent sur la matière. Pour tourner des matériaux tendres il faut un métal très dur, pour un matériau dur il faut un outil plutôt tendre. C'est l'absence, le renoncement à la matière qui agit sur la matière et non pas une matière dure par une pression sur une plus tendre : c'est là l'image de l'ascèse du métier. Cet accomplissement de l'esprit fait envisager que ce n'est pas par la matière qu'on agit sur la matière  mais par l'absence de matière. On peut le constater par soi-même dans bien des disciplines traditionnelles, par exemple dans les arts martiaux tels que le judo ou l'aïkido.

    ................................

    Dans le métier, l'outil matériel permet de corriger l'outil intellectuel, vos notions intellectuelles, votre vision des choses. Si ça ne marche pas dans le monde matériel, il faut s'interroger : est-ce que je comprends mal, est-ce que je m'y prends mal, ou bien est-ce que cela vient du problème du monde, qui est entaché d'une impossibilité de représentation des archétypes depuis la déchéance de la matière due à la chute ?


    De l'art du trait à l'art de la musique - Pratiquer et transmettre le métier de luthier. Entretien de Philippe Faure avec Luc Breton in Vivre et transmettre la Tradition Connaissance des Religions # 69-70 édité par Dervy, Paris 2003

           Le travail a esté mien, le profit en soit au lecteur, à Dieu seul la gloire.


Par zénon • 2006-10-15 14:57:48
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Lundi 09 octobre 2006
Rappel traditionnel 178 : Luthier et homme de Tradition (2)

                                 À mes frères et soeurs en Tradition

    " La lutherie réunit l'art de l'architecte et celui du charpentier, et elle demande des connaissances théoriques que ni l'une ni l'autre n'ont forcément toutes. Il faut aussi avoir des notions doctrinales très précises. Quand j'ai appris ici la géométrie descriptive, la géométrie dans l'espace, j'ai très bien vu ce dont Monge s'est inspiré, tout en en réduisant considérablement la portée. Le rabattement, par exemple, est une opération essentielle : il s'agit de faire passer une figure d'un plan dans un autre. C,est très important, car les plans n'ont pas la même valeur, et cela demande de plus un certain savoir-faire. On rencontre cela couramment. Pour élaborer une coque de luth par exemple, on passe de quelque chose de plat à une surface réglée de forme complexe. Tout cela demande de savoir pratiquer l'art du Trait.

    La liturgie nous fournit un modèle parfait des processus mis en oeuvre dans l'art du Trait avec l'exemple du calice. Le calice a une valeur de représentation universelle ; il exprime un aspect du processus créateur en langage géométrique. Le calice possède un bocal qui est la partie inférieure d'une demi-sphère ; quand le prêtre élève l'hostie avec le calice pendant la messe, on peut dire que l'hostie vient compléter et achever la sphère pour l'observateur, ce qui signifie que seul le corps du Christ rend sensible la partie supérieure, ineffable et autrement inconnaissable, de la sphère complète en tant qu'elle est la meilleure image du Dieu ineffable. Il y a une conscience des gestes liturgiques à retrouver, même de la part du clergé... Le tracé du calice est remarquable car il est le même que celui de la trompe, instrument par excellence, véritable calice sonore. Le pied du calice est le pavillon, où se manifeste le son. Le nodule du calice, image réduite, sur un plan inférieur, de la sphère du bocal, marque l'endroit où se passent des choses incompréhensibles mais efficaces. Autre exemple, la déambulation autour de l'autel est en rapport avec la tablature sur le luth considérée comme un pèlerinage des doigts du musicien à travers les niveaux de connaissance angéliques, car les neufs cases du manche du luth sont attribuées aux neuf hiérarchies angéliques. L'art du Trait établit tout cela. Chaque instrument possède son propre tracé, les proportions mises en jeu relevant d'une inspiration de l'artisan, de sorte qu'un tracé peut aboutir ou non. On n'invente rien par soi-même ; tout est révélé; c'est l'effet de la procédure et du point de vue que vous adoptez dans le métier et dont vous considérez la création en général. Ces principes sont universels et déclinables dans tous les domaines, de la liturgie aux différents métiers traditionnels.Toutes ces connaissances sont indispensables à la pratique d'un véritable métier. "

    De l'art du trait à l'art de la musique - Pratiquer et transmettre le métier de luthier. Entretien de Philippe Faure avec Luc Breton in Vivre et transmettre la Tradition Connaissance des religions # 69-70 édité par Dervy, Paris 2003

           Le travail a esté mien, le profit en soit au lecteur, à Dieu seul la gloire.

 


Par zénon • 2006-10-09 21:31:31
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Mercredi 27 septembre 2006
Rappel traditionnel 177 : Luthier et homme de Tradition

                          À mes frères et soeurs en Tradition


    " Aux yeux du luthier traditionnel, toutes les qualités de l'instrument à cordes découlent essentiellement d'un seul point, à savoir la justesse du tracé de l'instrument. Le tracé directeur donne forme à l'instrument, le met dans un rapport d'analogie avec le monde et avec l'homme ; c'est donc la mesure de cette analogie qui en constitue la perfection. La genèse de l'instrument par le tracé devient un processus analogue à la création. Le trait suppose un espace qualifié et un langage des formes, qui se ramènent au cercle et au carré, c'est-à-dire respectivement au Ciel et à la Terre.

    L'analogie de l'Être (analogia entis) fonde tous les métiers ; c'est une nécessité absolue : tout, en ce monde, a un degré d'analogie avec le Créateur. À cet égard, la liturgie est le plus grand des arts ; elle réunit tous les métiers et en fournit des clés de compréhension. Il faut insister sur un point : il est impossible de séparer le spéculatif de l'opératif. L'art du Trait est opératif. Un instrument bien dessiné ( et convenablement exécuté ) sonnera d'un son ineffable et sera de plus commode à jouer tout en résistant bien à la tension des cordes. C'est la meilleure démonstration de l'analogia entis pour l'artisan. En ce sens, le travail est le canal par lequel l'artisan confirme sa foi. L'habileté n'est pas un critère traditionnel ; la beauté qui se dégage d'une oeuvre est proportionnelle à son degré de vérité et sans rapport obligatoire avec l'habileté mise en oeuvre pour son exécution."    Luc Breton, luthier et homme de Tradition

De l'art du trait à l'art de la musique - Pratiquer et transmettre le métier de luthier. Entretien de Philippe Faure avec Luc Breton in Vivre et transmettre la Tradition Connaissance des religions # 69-70 édité par Dervy, Paris 2003

           Le travail a esté mien, le profit en soit au lecteur, à Dieu seul la gloire.


 


Par zénon • 2006-09-27 11:48:33
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Samedi 16 septembre 2006
" Je ne peux pas uriner pour toi " ( ... mon incommensurable stupidité )

                              À mes frères et soeurs en Tradition


     " Il y a longtemps en Chine, vivait un moine du nom de Ken. Ken avait passé des années à pratiquer dans le monastère Ta-Hui mais en dépit d'efforts prodigieux, ne parvenait pas à atteindre l'Éveil. Un jour, son maître lui donna l'ordre d'aller porter un courrier dans la lointaine contrée de Ch'ang Sha. Le voyage aller-retour pouvait facilement prendre six mois. Le moine se dit alors :

       -  Pourquoi faut-il que j'interrompe mes pratiques de méditation ? Qui peut bien avoir le temps de partir pour ce genre de mission ?

     Il voulut prendre conseil auprès de ses aînés et s'adressa au moine Genjoza, qui se mit à rire en écoutant Ken exposer son problème.

       -  En voyage aussi tu peux poursuivre ta pratique du Zen ! Si tu veux, je t'accompagne, proposa-t-il. Et les moines se mirent en route.


     Un jours, alors qu'ils marchaient côte à côte, le jeune Ken éclata en sanglots.


     - Voici des années et des années que je pratique et je n'ai rien atteint du tout. Me voilà maintenant devenu un vagabond, se lamentait-il, je n'ai plus aucun moyen d'atteindre l'Éveil. À ces mots, usant de toute la conviction dont il était capable, Genjoza décida de se mettre à l'entière disposition du jeune moine :

     - Pendant ce voyage, je me chargerai de tout ce que je peux, mais il y a cinq choses que je ne peux pas faire pour toi : je ne peux pas m'habiller pour toi. Je ne peux pas manger pour toi. Je ne peux pas déféquer pour toi. Je ne peux pas uriner pour toi et je ne peux pas revêtir ton corps et vivre à ta place.

     À ces mots, dit-on, le moine Ken s'éveilla de son rêve illusoire et atteignit un grand Éveil, un grand satori. "


     Soko Morinaga, Face à mon incommensurable stupidité - La leçon du Zen - , Le Courrier du livre, Paris 2004, 155 p. ISBN  2-7029-0491-2   Extrait p. 7 et 8.      


      Satori : le mot, composé de coeur et soi-même, signifie l'événement de l'Éveil.


             Le travail a esté mien, le profit en soit au lecteur, à Dieu seul la gloire.


Par zénon • 2006-09-16 17:28:39
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Dimanche 03 septembre 2006
Rappel traditionnel 175 : Tao Te King XLII

                                  À mes frères et soeurs en Tradition

     Le SENS engendre l'Un.
     L'Un engendre le Deux.
     Le Deux engendre le Trois.
     Le Trois engendre toutes choses.
     De toutes choses l'envers est l'obscur.
     Toutes choses tendent vers la Lumière,
     et le flux de force leur donne l'harmonie.

     Ce que les hommes détestent,
     c'est d'être orphelins, solitaires, sans mérite.
     Et pourtant rois et princes
     choisissent ces termes pour se dépeindre.
     Car, à grandir les choses, on les rabaisse,
     à les rabaisser, on les grandit.
     Après d'autres, j'enseigne ceci :
     " Les violents ne meurent pas dans leur lit ".
     Je veux en faire la conclusion de mon enseignement.  


     Lao Tseu, Tao Te King  XLII

                Le travail a esté mien, le profit en soit au lecteur, à Dieu seul la gloire.


Par zénon • 2006-09-03 13:31:48
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Dimanche 27 août 2006
Rappel traditionnel 174 : Les sept degrés de la transparence

                                    À mes frères et soeurs en Tradition


         " Dans sa recherche de transparence, le soufisme a attribué à l'homme sept degrés.

         I. Le premier (Nefs-i-Emmare) voit l'homme vaincu par ses désirs. D'où l'appellation << Emmare >> qui signifie : serviteur de son ego. Comme toute chose va vers Dieu, cet homme du premier degré lui aussi va vers Dieu, mais en est inconscient. Il vit dans l'univers du témoignage, n'étant qu'un témoin de Dieu. Son état est la dépendance et ses attributs sont l'ignorance, la cupidité, la vanité, le désir, l'envie, etc.

         II. Nefs-i-Lewame. C'est le degré où l'homme commence à jeter un oeil critique sur son existence, tout en continuant d'obéir à ses désirs. Lui aussi va vers Dieu et il commence à percevoir le langage de la création. Son état est celui de la sympathie. Alors que l'homme du premier degré s'appuie sur la religion, celui du second degré s'appuie sur une Tarika. Il est conscient de ses défauts. Les envies ont pris chez lui la place des désirs. Il ignore encore la soumission et pratique la duplicité. Il est ambitieux. L'homme du premier degré n'a pas encore totalement disparu en lui mais son coeur est ébranlé.

         III. Nefs-i-Mulhime. À ce degré, l'homme est inspiré par Dieu. Son chemin va vers Dieu et il en a conscience. Son état est celui de l'amour. Il est savant, généreux, modeste, patient, etc.

          IV. Nefs-i-Mutmainne. Parvenu à ce degré, l'homme a acquis la certitude. Il ne va pas vers Dieu. Il va avec lui. Sa réalité est tenue secrète pour les autres hommes. Il connaît l'état de soumission totale et comprend nombre de secrets. Il est généreux, résigné, doux, soumis, juste, pieux. Il a le sourire car rien ne lui pèse. La paix est totale en lui. Il pardonne tout et ignore les défauts des autres.

          V. Nefs-i-Raziye. L'homme connaît à ce degré l'acceptation totale et la maturité. Son acte est divin. Il vit dans le secret. Son état est la non-existence. Tous les attributs humains ont disparu chez lui. Il partage l'éternité divine.

           VI. Nefs-i-Marziye. Au cinquième degré, l'homme accepte Dieu mais au sixième, l'homme est accepté par Dieu. Il incarne la vérité permanente. Tous ses attributs sont des attributs divins. Il a unifié l'amour de la création avec l'amour du créateur.

             VII. Nefs-i-Kamile. C'est le degré de parfaite maturité. L'homme y connaît l'unité dans la multiplicité et la multiplicité dans l'unité. Il voit l'unité divine dans la création et la création dans l'unité divine.  Il est inaccessible aux autres hommes. Son état est celui de l'éternité. Ses attributs forment l'ensembles des attributs divins. "

              Makam. in Le soufisme, Paris, L'Origine, 1980.

               
                               Le travail a esté mien, le profit en soit au lecteur, à Dieu seul la gloire.    


Par zénon • 2006-08-27 21:18:43
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